Le roux est de loin la couleur la plus répandue chez le shiba inu, et c’est elle que la plupart des gens imaginent en entendant le nom de la race. Le shiba inu sésame est beaucoup plus rare : son pelage associe des poils clairs ou roux et des poils à pointe noire, ce qui lui donne un aspect ombré, comme saupoudré de graines de sésame. Les Japonais l’appellent d’ailleurs « goma », le mot japonais pour sésame. Voici ce que dit le standard de cette couleur, comment la reconnaître et ce qu’elle change, ou ne change pas, dans la vie avec un shiba.
Qu’est-ce que le shiba inu sésame ?
Le standard FCI n° 257 reconnaît cinq couleurs pour le shiba : roux, noir et feu, sésame, sésame noir et sésame roux. Trois d’entre elles relèvent donc de la famille sésame. Toutes, sésame compris, doivent présenter l’urajiro, ces zones de poil blanchâtre ou crème sur les côtés du museau, les joues, le dessous de la mâchoire, la gorge, le poitrail, le ventre, la face interne des membres et le dessous de la queue. Sur un sésame, ce contraste entre le dessus ombré et le dessous clair est particulièrement marqué.
Le shiba blanc ou crème, en revanche, n’est pas admis par le standard : il naît dans certaines portées, mais il est pénalisé en exposition et ne peut pas être présenté comme une variété reconnue. Il n’existe pas non plus de shiba « noir » uni : le chien foncé de la race est le noir et feu, avec ses marques fauves caractéristiques.
Les trois variantes du sésame
Le standard distingue trois nuances, selon la proportion et la couleur de fond des poils :
- Sésame : un mélange équilibré de poils clairs et de poils noirs sur l’ensemble du corps. C’est la variante la plus difficile à obtenir et la plus rarement vue.
- Sésame noir : les poils noirs dominent. Le chien paraît sombre, mais la sous-couleur reste visible et l’urajiro bien présent, ce qui le distingue du noir et feu.
- Sésame roux : un fond roux parsemé de poils à pointe noire, en général plus denses sur le dos, la tête et la queue. C’est la forme de sésame que l’on croise le plus souvent.
Reconnaître un sésame et suivre son évolution
Sur un sésame, les poils noirs se concentrent souvent le long de la ligne du dos et sur le dessus de la tête, où ils dessinent parfois une pointe sombre sur le front, au-dessus du museau. La répartition idéale reste homogène, sans plaques noires ni zones roux uni trop étendues.
La couleur d’un chiot sésame est difficile à prédire. Beaucoup naissent très foncés et s’éclaircissent au fil des mois, lorsque le duvet de bébé laisse place au pelage adulte puis au gré des premières mues. L’aspect définitif peut mettre un ou deux ans à se fixer. Si vous tenez à une nuance précise, demandez à l’éleveur des photos des parents, et si possible de chiots des portées précédentes devenus adultes. Notre article sur le shiba inu bébé détaille les étapes de cette croissance.
L’origine et le standard de la race
Le shiba est l’une des plus anciennes races du Japon. Il servait à chasser le petit gibier et les oiseaux dans les zones de broussailles des régions montagneuses. L’origine de son nom n’est pas tranchée : « shiba » peut désigner les broussailles où il chassait, la couleur rousse de ces broussailles en automne, ou un ancien terme signifiant « petit ». Les trois explications circulent, sans qu’aucune ne fasse l’unanimité.
Après avoir frôlé la disparition au milieu du XXe siècle, la race a été reconstituée par les éleveurs japonais autour d’un standard précis, sous l’égide du Nihon Ken Hozonkai (Nippo), l’association de préservation des chiens japonais. Le standard FCI s’appuie sur ce travail. Il fixe aussi la gamme des couleurs : sésame, sésame noir et sésame roux y figurent au même titre que le roux et le noir et feu, et un sésame bien marqué peut tout à fait concourir en exposition.
Caractéristiques physiques
Quelle que soit sa couleur, le shiba a un corps compact et bien musclé, des oreilles petites et triangulaires portées droites, des yeux en amande légèrement bridés et une queue épaisse enroulée ou en faucille sur le dos. Le standard fixe la taille au garrot à environ 40 cm pour le mâle et 37 cm pour la femelle, avec une tolérance d’environ 1,5 cm. Le poids courant se situe entre 8 et 11 kg.
Son double pelage associe un poil de couverture dur et droit et un sous-poil doux et dense. Chez le sésame, ce sont surtout les poils de couverture qui portent le noir, alors que le sous-poil reste clair : l’aspect du chien peut donc varier un peu au fil des mues, selon l’état de son pelage.
Pourquoi choisir un shiba inu sésame ?
Le sésame attire pour sa rareté et pour son allure de loup miniature. Mais la couleur ne change rien au caractère : un sésame est un shiba comme les autres, intelligent, indépendant, attaché à sa famille et souvent réservé avec les inconnus. Adopter un shiba sésame, c’est d’abord adopter un shiba, avec ses qualités et ses exigences. Choisir un chiot uniquement sur sa robe expose à des déceptions, d’autant que cette robe évoluera encore.
Les sésames étant peu nombreux, l’attente auprès des éleveurs qui en produisent peut être longue. Méfiez-vous des annonces qui présentent un chiot comme « sésame rare » pour justifier un prix hors norme : un éleveur sérieux ne garantit jamais la couleur adulte d’un chiot de huit semaines. Pour les repères de budget, consultez notre article sur le prix d’un shiba inu.
Entretien du pelage
L’entretien est le même que pour les autres couleurs. Un brossage par semaine, avec un râteau à sous-poil puis une brosse étrille, suffit en temps normal. Pendant les périodes de mue, deux fois par an, le sous-poil tombe en masse et un brossage quotidien devient nécessaire pour éviter le feutrage et limiter les poils dans la maison.
Les bains doivent rester occasionnels : des lavages trop fréquents retirent le sébum qui protège la peau et rend le poil de couverture déperlant. Choisissez un shampoing pour chien, rincez abondamment pour ne pas laisser de produit dans le sous-poil et séchez soigneusement jusqu’à la peau.
Les défis d’un shiba au quotidien
Le shiba a une forte volonté et peut se montrer très têtu. Une éducation précoce et une formation cohérente du maître font toute la différence. Il répond bien au renforcement positif, avec des séances courtes et des récompenses qui l’intéressent vraiment, et beaucoup moins aux méthodes coercitives, qui le rendent méfiant. Prévoyez aussi de l’habituer tôt aux manipulations : beaucoup de shibas détestent qu’on leur touche les pattes.
Vie en appartement et fugues
Un shiba peut vivre en appartement s’il sort suffisamment : une vraie promenade quotidienne, des sorties plus courtes et des jeux qui occupent son esprit. Sans cela, l’ennui se traduit vite par des destructions ou des vocalises.
Sa tendance à la fugue est bien connue. Curieux et doté d’un fort instinct de chasse, il profite de la moindre porte ouverte, et son rappel reste peu fiable même après un bon travail d’éducation. Un jardin parfaitement clos, une laisse dans les zones non sécurisées et un harnais bien ajusté sont des précautions de base.
Particularités du comportement
On compare souvent le shiba à un chat : il fait sa toilette avec soin, évite de se salir et choisit lui-même les moments où il vient chercher le contact. Il aboie peu, ce qui fait que ses aboiements méritent en général qu’on y prête attention : un bruit inhabituel, un visiteur, un intrus. Il possède en revanche un répertoire vocal à lui, dont le célèbre « cri du shiba », un hurlement aigu qu’il pousse quand il est contrarié, par exemple lors d’un soin qu’il n’apprécie pas.
Avec les enfants et les autres animaux
Un shiba élevé avec des enfants respectueux s’entend généralement bien avec eux, à condition que ceux-ci comprennent qu’il n’aime pas être serré ou poursuivi. Il apprécie les jeux, mais sur ses propres termes. Comme avec tout chien, les interactions avec de jeunes enfants se font sous la surveillance d’un adulte.
Avec les autres animaux, les choses sont plus délicates. Son instinct de chasse le pousse à poursuivre chats inconnus, oiseaux et petits rongeurs, et certains shibas tolèrent mal les chiens du même sexe. Une socialisation précoce, des présentations progressives en terrain neutre et des gamelles séparées favorisent une cohabitation sereine.
Questions fréquentes sur le shiba sésame
Le sésame est-il une couleur reconnue en exposition ?
Oui. Sésame, sésame noir et sésame roux font partie des cinq couleurs du standard FCI, au même titre que le roux et le noir et feu. Le juge attend un mélange de poils homogène et un urajiro net. Le blanc et le crème, eux, ne sont pas admis.
Un chiot sésame restera-t-il sésame ?
Il reste dans la famille sésame, mais la nuance peut beaucoup changer entre le chiot et l’adulte, le plus souvent dans le sens d’un éclaircissement. Un chiot très sombre peut devenir un sésame roux assez clair.
Le sésame demande-t-il des soins particuliers ?
Non. Ses besoins en toilettage, en exercice et en soins au quotidien sont ceux de tous les shibas. Sa couleur ne s’accompagne d’aucune fragilité de santé connue.
