Acheter un shiba inu, c’est s’engager pour douze à quinze ans avec un chien au caractère bien trempé. Avant de répondre à une annonce, mieux vaut savoir à quoi ressemble la race au quotidien, comment reconnaître un éleveur sérieux, ce que la loi impose lors de la vente et combien coûte réellement un shiba une fois installé chez vous. Voici les points à vérifier, dans l’ordre.
Le shiba inu est-il fait pour vous ?
Un caractère indépendant
Le caractère du shiba inu surprend souvent les nouveaux propriétaires. On le compare volontiers à un chat : il se toilette avec soin, apprécie sa tranquillité et vient chercher le contact quand il l’a décidé. Il reste pourtant très attaché à sa famille, simplement d’une manière moins démonstrative que beaucoup d’autres races.
Il est aussi intelligent et têtu. Il comprend vite, mais n’obéit que s’il y voit un intérêt, et son rappel reste peu fiable à cause de son instinct de chasse. L’éducation demande de la patience, des séances courtes et le renforcement positif : friandises, jeu, félicitations. Les méthodes brusques le braquent.
Une santé plutôt robuste, avec quelques points de vigilance
Le shiba est une race globalement solide. Quelques affections reviennent toutefois plus souvent : les allergies, surtout cutanées, la luxation de la rotule, le glaucome et, plus rarement, la dysplasie de la hanche. Il existe aussi une maladie héréditaire grave propre à la race, la gangliosidose GM1, que les éleveurs sérieux écartent grâce à un test ADN des reproducteurs.
Demandez à voir les résultats de ces dépistages pour les deux parents. Ensuite, des visites vétérinaires régulières et une alimentation adaptée font l’essentiel du travail de prévention.

Où acheter un shiba inu
Chez un éleveur
Le moyen le plus sûr d’obtenir un chiot shiba inu en bonne santé et bien socialisé est de passer par un éleveur reconnu. Un bon éleveur connaît ses lignées, sélectionne ses reproducteurs sur la santé et le caractère, et vous conseillera bien après la vente. Pour comprendre comment il travaille, consultez notre article sur l’élevage de shiba inu.
Lors de la visite, demandez à voir la mère avec ses chiots, et le père si possible. Observez les conditions de vie : propreté, contact avec la maison et le bruit du quotidien. Posez des questions sur les antécédents médicaux et les tests des parents. Un éleveur sérieux répond volontiers, vous pose à son tour des questions sur votre mode de vie et peut avoir une liste d’attente.
Annonces en ligne et refuges
Les annonces de vente en ligne demandent de la méfiance. En France, une annonce de chiot doit indiquer l’âge de l’animal, son numéro d’identification ou celui de la mère, le nombre d’animaux de la portée, et le numéro SIREN du vendeur ou, pour un particulier, le numéro de portée attribué par le LOF. Une annonce sans ces informations, un prix très bas, un vendeur qui refuse la visite ou propose de livrer le chiot sur un parking sont autant de signaux d’alerte.
Pensez aussi aux refuges et aux associations. Des shiba adultes y attendent parfois une famille, souvent abandonnés par des propriétaires qui avaient sous-estimé la race. Adopter un adulte permet de connaître son caractère dès le départ et d’éviter certaines étapes de l’éducation d’un chiot. Notre guide sur l’adoption d’un shiba inu détaille cette démarche.

Ce que la loi prévoit lors de l’achat
En France, plusieurs règles encadrent la cession d’un chien, gratuite ou payante :
- un chiot ne peut pas être vendu avant l’âge de huit semaines ;
- il doit être identifié (puce électronique ou tatouage) avant la cession, au nom du vendeur ;
- le vendeur remet une attestation de cession et un certificat vétérinaire établi récemment ;
- l’acheteur signe un certificat d’engagement et de connaissance au moins sept jours avant de récupérer l’animal, un délai prévu pour éviter les achats impulsifs.
Pour un chiot inscrit au LOF, le certificat de naissance est délivré par la Société centrale canine (SCC), puis la confirmation intervient à l’âge adulte après examen par un juge.
Prix d’achat et coûts associés
Le prix d’un chiot
Le prix d’un shiba inu varie selon l’éleveur, la région, les lignées et l’inscription au LOF (Livre des origines français, tenu par la SCC). Lors de la rédaction de ce guide, les chiots de qualité s’affichaient le plus souvent entre 1 000 et 2 000 euros.
Ce montant reflète le coût d’un élevage bien conduit : tests de santé, suivi vétérinaire, socialisation des chiots. L’inscription au LOF garantit la traçabilité des origines, pas la santé du chiot : ce sont les dépistages pratiqués sur les parents qui réduisent le risque de maladies héréditaires.
Les dépenses de chaque année
Au prix d’achat s’ajoutent la nourriture, les frais vétérinaires (vaccins, vermifuges, antiparasitaires, bilan annuel), une éventuelle assurance santé et les accessoires : jouets, couchage, laisse et matériel de toilettage. Les ordres de grandeur suivants donnent une base indicative pour un shiba inu adulte en bonne santé :
| Dépense | Coût annuel indicatif |
|---|---|
| Nourriture | 250 à 400 euros |
| Frais vétérinaires courants | 150 à 300 euros |
| Assurance santé | 100 à 200 euros |
| Accessoires | 50 à 100 euros |
La première année coûte davantage : identification, primovaccination, matériel de départ, souvent une stérilisation. Gardez aussi une réserve pour un imprévu vétérinaire.

Bien accueillir votre shiba inu
Préparer la maison
Avant l’arrivée du chiot, installez un couchage dans un coin calme, des gamelles pour l’eau et la nourriture, et quelques jouets solides à mâchouiller. Rangez les câbles, produits ménagers et petits objets à hauteur de museau. Une caisse ou un parc lui offre un refuge où il apprend à se poser.
Si vous avez un jardin, vérifiez la clôture : le shiba sait creuser, se faufiler et grimper, et profite de la moindre faille pour partir explorer. Une clôture haute, sans passage en dessous, et un portail qui se referme seul évitent bien des frayeurs.
Socialiser et éduquer dès l’arrivée
La période qui suit l’adoption compte beaucoup. Faites découvrir progressivement au chiot des personnes variées, d’autres chiens équilibrés, les bruits de la ville, la voiture. Cette socialisation limite la peur et les réactions défensives à l’âge adulte.
Commencez tout de suite l’apprentissage de la propreté et des règles de la maison, avec constance et récompenses. Le shiba testera vos limites : restez cohérent, et tout le foyer doit appliquer les mêmes règles. Prévoyez enfin du temps pour les soins du quotidien, en particulier le brossage pendant la mue.
